baseball, sports king of Japan

le baseball, sport roi au Japon

le baseball, sport roi au Japon

Le tournoi de baseball a débuté mercredi aux Jeux olympiques de Tokyo. Ce sport est particulièrement populaire au Japon, plus d’un siècle après son introduction par un professeur d’anglais venu des États-Unis. Absent depuis les JO de Pékin, ce sport fait un retour dans la compétition, en compagnie du softball, réservé aux femmes. L’équipe de baseball du Japon a lancé sa compétition, mercredi 28 juillet, avec une victoire face à la République dominicaine (4-3). Dans un pays où ce sport est une véritable religion, tous les yeux sont braqués sur ces joueurs et les attentes sont fortes. Plus d’un siècle après l’introduction du sport par un professeur d’anglais venu des États-Unis, le Japon s’est approprié le baseball. Signe de cette popularité, il a été réintroduit dans le programme des Jeux alors qu’il avait été retiré depuis deux olympiades. Au pays du soleil levant, “tous les enfants jouent au baseball”, a expliqué à l’AFP Itaru Kobayashi, ancien joueur des Lotte Marines de Chiba, dans la banlieue de Tokyo, devenu enseignant à l’Université Oberlin, dans la capitale nippone. Le sport “a été inventé aux États-Unis, mais nous en sommes tombés amoureux”, ajoute-t-il. Selon lui, ce sport convient particulièrement au Japon, car il est “comme un rituel” et qu’il est caractérisé par “l’uniformité et l’obéissance aux ordres” : “Travaillez en équipe, soyez soudés par l’équipe. On adore ça.” Le sport qui inspira Murakami Même l’écrivain le plus célèbre du Japon ne manque pas de souligner son amour pour ce sport. Dans une interview au Telegraph, Haruki Murakami avait raconté que le baseball était à l’origine de sa vocation. Alors qu’il regardait un match de la ligue japonaise en 1978, il avait eu une révélation : “Je me souviens encore de l’exacte sensation. Il semblait que quelque chose flottait dans le ciel, et que je l’avais attrapé littéralement de mes mains. Je ne savais pas pourquoi cela avait eu la chance de me tomber dans les mains. (…) Tout ce que je peux dire, c’est que ma vie était radicalement et définitivement changée à cet instant.” À la suite de ce geste, Murakami écrira son premier roman, “Écoute le chant du vent”, qui remportera le prix Gunzo, en 1979. Le baseball a d’abord été introduit en tant que sport scolaire en 1872 par Horace Wilson, enseignant à Tokyo, mais il est devenu populaire grâce à un match où une équipe lycéenne de la capitale a battu un groupe de résidents étrangers en 1896. Cette victoire a fait la une des journaux du Japon, déclenchant une vague de passion pour le sport et d’autres rencontres contre des équipes américaines. “Ces matches avaient une importance symbolique, car les Japonais étaient derrière (les Américains, NDLR) dans bien des aspects, comme le commerce et l’industrie”, explique Robert Whiting, un expert du baseball qui a vécu au Japon pendant plusieurs décennies. “Le message était : ‘si on peut battre les Américains à leur propre jeu, on peut sûrement les dépasser dans d’autres domaines’”, résume-t-il. Une ligue professionnelle se développe dans les années 1930, mais c’est après la Seconde Guerre mondiale (quand le Japon a été défait par les États-Unis) que le baseball devient le passe-temps national, le baseball amateur en particulier étant adulé pour sa “pureté” car n’étant pas mu par l’argent. Cette flamme est toujours ardente, comme l’a prouvé récemment la foule de fans et de pom-pom girls rassemblée pour un match du “Tokyo 6”, ligue regroupant six des principales universités de la capitale. Des tensions avec la Corée du Sud Comme l’explique le journal Le Monde, la rivalité avec les États-Unis a aujourd’hui fait place à celle avec la Corée du Sud. “Il faut dire que le baseball est le sport numéro un dans les deux pays. Et, de ce fait, il cristallise, encore plus que le judo, le football ou le volley-ball (…) les tensions persistantes entre deux voisins dont les relations, délicates sur les questions mémorielles, sont au plus bas depuis l’élection, en 2017, du président sud-coréen, Moon Jae-in”, décrit le journaliste Philippe Mesmer. Ces crispations entourent la question des dédommagements des Coréens qui avaient été forcés de travailler pour l’industrie japonaise pendant la guerre et des “femmes de réconfort” contraintes de se prostituer pour l’armée nippone. Des tensions ont aussi émergé après “l’inclusion des rochers Liancourt, un groupement d’îlots appelé Dokdo en Corée et Takeshima au Japon, sur la carte de présentation du parcours de la flamme olympique”, précise Le Monde. Ces îlots sont occupés par la Corée mais revendiqués par le Japon. Dans ce contexte tendu, la délégation sud-coréenne s’est fait remarquer à son arrivée à Tokyo en accrochant aux balcons des appartements qu’elle occupe au village olympique des banderoles faisant référence à une guerre du XVIe siècle entre les deux pays. Après les protestations du Japon, le Comité international olympique a déclaré que ces bannières allaient à l’encontre de la charte olympique. En échange de leur retrait, les Sud-Coréens auraient reçu la promesse que le drapeau japonais “du soleil levant” sur lequel figure un cercle rouge avec 16 rayons et perçu par certains comme un symbole de l’occupation de la péninsule, ne serait pas brandi pendant les JO. Alors que leurs relations ne sont pas au beau fixe, les deux pays pourraient se rencontrer en demi-finale de la compétition de baseball. Le Japon tient pour sa part déjà une première victoire. Les joueuses nipponnes ont remporté le tournoi de softball, version féminine du baseball, mardi 27 juillet, en battant les États-Unis en finale (2-0). Avec AFP



Le joueur japonais Koyo Aoyagi lors du match contre la République dominicaine, le 28 juillet 2021, à Tokyo.


© REUTERS – JORGE SILVA
Le joueur japonais Koyo Aoyagi lors du match contre la République dominicaine, le 28 juillet 2021, à Tokyo.

Le tournoi de baseball a débuté mercredi aux Jeux olympiques de Tokyo. Ce sport est particulièrement populaire au Japon, plus d’un siècle après son introduction par un professeur d’anglais venu des États-Unis. Absent depuis les JO de Pékin, ce sport fait un retour dans la compétition, en compagnie du softball, réservé aux femmes.

L’équipe de baseball du Japon a lancé sa compétition, mercredi 28 juillet, avec une victoire face à la République dominicaine (4-3). Dans un pays où ce sport est une véritable religion, tous les yeux sont braqués sur ces joueurs et les attentes sont fortes.

Plus d’un siècle après l’introduction du sport par un professeur d’anglais venu des États-Unis, le Japon s’est approprié le baseball. Signe de cette popularité, il a été réintroduit dans le programme des Jeux alors qu’il avait été retiré depuis deux olympiades. Au pays du soleil levant, “tous les enfants jouent au baseball”, a expliqué à l’AFP Itaru Kobayashi, ancien joueur des Lotte Marines de Chiba, dans la banlieue de Tokyo, devenu enseignant à l’Université Oberlin, dans la capitale nippone. Le sport “a été inventé aux États-Unis, mais nous en sommes tombés amoureux”, ajoute-t-il.

Selon lui, ce sport convient particulièrement au Japon, car il est “comme un rituel” et qu’il est caractérisé par “l’uniformité et l’obéissance aux ordres” : “Travaillez en équipe, soyez soudés par l’équipe. On adore ça.”

Le sport qui inspira Murakami

Même l’écrivain le plus célèbre du Japon ne manque pas de souligner son amour pour ce sport. Dans une interview au Telegraph, Haruki Murakami avait raconté que le baseball était à l’origine de sa vocation. Alors qu’il regardait un match de la ligue japonaise en 1978, il avait eu une révélation : “Je me souviens encore de l’exacte sensation. Il semblait que quelque chose flottait dans le ciel, et que je l’avais attrapé littéralement de mes mains. Je ne savais pas pourquoi cela avait eu la chance de me tomber dans les mains. (…) Tout ce que je peux dire, c’est que ma vie était radicalement et définitivement changée à cet instant.” À la suite de ce geste, Murakami écrira son premier roman, “Écoute le chant du vent”, qui remportera le prix Gunzo, en 1979. 

Vidéo: Japon : aucun spectateur admis à Tokyo pendant les Jeux olympiques (France 24)

Japon : aucun spectateur admis à Tokyo pendant les Jeux olympiques

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Le baseball a d’abord été introduit en tant que sport scolaire en 1872 par Horace Wilson, enseignant à Tokyo, mais il est devenu populaire grâce à un match où une équipe lycéenne de la capitale a battu un groupe de résidents étrangers en 1896.

Cette victoire a fait la une des journaux du Japon, déclenchant une vague de passion pour le sport et d’autres rencontres contre des équipes américaines. “Ces matches avaient une importance symbolique, car les Japonais étaient derrière (les Américains, NDLR) dans bien des aspects, comme le commerce et l’industrie”, explique Robert Whiting, un expert du baseball qui a vécu au Japon pendant plusieurs décennies. “Le message était : ‘si on peut battre les Américains à leur propre jeu, on peut sûrement les dépasser dans d’autres domaines’”, résume-t-il.

Une ligue professionnelle se développe dans les années 1930, mais c’est après la Seconde Guerre mondiale (quand le Japon a été défait par les États-Unis) que le baseball devient le passe-temps national, le baseball amateur en particulier étant adulé pour sa “pureté” car n’étant pas mu par l’argent. Cette flamme est toujours ardente, comme l’a prouvé récemment la foule de fans et de pom-pom girls rassemblée pour un match du “Tokyo 6”, ligue regroupant six des principales universités de la capitale.

Des tensions avec la Corée du Sud

Comme l’explique le journal Le Monde, la rivalité avec les États-Unis a aujourd’hui fait place à celle avec la Corée du Sud. “Il faut dire que le baseball est le sport numéro un dans les deux pays. Et, de ce fait, il cristallise, encore plus que le judo, le football ou le volley-ball (…) les tensions persistantes entre deux voisins dont les relations, délicates sur les questions mémorielles, sont au plus bas depuis l’élection, en 2017, du président sud-coréen, Moon Jae-in”, décrit le journaliste Philippe Mesmer.

Ces crispations entourent la question des dédommagements des Coréens qui avaient été forcés de travailler pour l’industrie japonaise pendant la guerre et des “femmes de réconfort” contraintes de se prostituer pour l’armée nippone. Des tensions ont aussi émergé après “l’inclusion des rochers Liancourt, un groupement d’îlots appelé Dokdo en Corée et Takeshima au Japon, sur la carte de présentation du parcours de la flamme olympique”, précise Le Monde. Ces îlots sont occupés par la Corée mais revendiqués par le Japon.

Dans ce contexte tendu, la délégation sud-coréenne s’est fait remarquer à son arrivée à Tokyo en accrochant aux balcons des appartements qu’elle occupe au village olympique des banderoles faisant référence à une guerre du XVIe siècle entre les deux pays. Après les protestations du Japon, le Comité international olympique a déclaré que ces bannières allaient à l’encontre de la charte olympique.

En échange de leur retrait, les Sud-Coréens auraient reçu la promesse que le drapeau japonais “du soleil levant” sur lequel figure un cercle rouge avec 16 rayons et perçu par certains comme un symbole de l’occupation de la péninsule, ne serait pas brandi pendant les JO.

Alors que leurs relations ne sont pas au beau fixe, les deux pays pourraient se rencontrer en demi-finale de la compétition de baseball. Le Japon tient pour sa part déjà une première victoire. Les joueuses nipponnes ont remporté le tournoi de softball, version féminine du baseball, mardi 27 juillet, en battant les États-Unis en finale (2-0).

Avec AFP

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